Son nom
Betula est d'origine celtique. "Bouleau" dérive directement du latin et de l'ancien français "boul".
Papyfera, le nom de notre espèce la plus commune, signifie "bouleau à papier". On l'appelle aussi
"bouleau blanc" ou "bouleau à canot". À noter que le nom générique anglais birch, qui désigne toutes
les espèces de bouleaux, est d'origine sanscrite (bhurga) et signifie "ce sur quoi l'on peut écrire".
Bref, tous les bouleaux présentent une écorce caractéristique qui rappelle le papier. En Europe, on
a appelé le bouleau "l'arbre de la sagesse" et toute une petite mythologie s'est créée autour de lui.
Axe du monde, pilier cosmique, arbre sacré, il a tantôt symbolisé le printemps et les jeunes filles,
tantôt les esprits protecteurs. Ses branches ont servi à recouvrir les dépouilles mortelles ainsi
qu'à confectionner des torches nuptiales que l'on brûlait le jour des noces pour attirer le bonheur
sur les nouveaux mariés.
Son rôle dans l'équilibre écologique
Les bouleaux sont des espèces pionnières qui occupent rapidement les lieux dévastés par les feux de
forêts ou autres cataclysmes naturels. Par ce squattage tout à fait licite, ils empêchent l'érosion
du sol par le vent, la pluie et le soleil. En outre, ils fournissent une ombre bienfaisante à d'autres
espèces émergentes, qui ne peuvent germer à la lumière. Eux-mêmes n'occupent jamais un endroit donné
pendant plus d'une génération puisqu'ils ne tolèrent nullement l'ombre, ni pour germer ni pour croître
et s'épanouir.
Le vent disperse donc leurs semences aux quatre horizons et la deuxième génération s'établira parfois
à plusieurs kilomètres de la première.
Indications
Les feuilles, les bourgeons, l'écorce et la sève du bouleau blanc européen (B. pendula) ont tous servi
en médecine. En Amérique, chez certaines peuplades, on buvait la sève fraîche du bouleau à papier comme
tonique printanier; ailleurs, on s'en servait comme remède contre le rhume. En médecine, celle du bouleau
européen a été employée comme dépuratif pour soigner les éruptions cutanées et dartreuses.
Les feuilles du bouleau blanc ont servi à soigner tous les types d'insuffisance urinaire, particulièrement
l'hydropisie, ainsi que le rhumatisme, l'arthrite, la goutte et les infections urinaires. C'était, en
fait, les principales indications de cette plante.
En outre, l'obésité et la cellulite ont parfois cédé à un traitement aux feuilles de bouleau. L'essence
de wintergreen naturelle, extraite jadis par distillation des feuilles du thé des bois, provient aujourd'hui
de l'écorce du bouleau jaune (B. alleghaniensis). Petite plante aux feuilles elles-mêmes minuscules,
le thé des bois donne relativement peu d'essence, laquelle est, par conséquent, fort coûteuse.
Du moins elle l'était jusqu'à ce qu'on découvre que l'écorce des bouleaux, particulièrement celle du
bouleau jaune, en était riche. L'action analgésique, tant interne qu'externe, du bouleau serait due
en bonne partie à cette essence composée, en fait, de salicylate de mwéthyle, substance proche de
l'acide acétyl-salicylique.