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LES PLANTES À LA LOUPE

La Mélisse
Melissa officinalis

Noms communs : Baume mélisse, herbe au citron, thé de France, piment des abeilles.
On l'appelle aussi erronément citronnelle.

Nom botanique : Melissa officinalis, famille des labiées ou des lamiacées.

Partie utilisée : Feuilles.

Habitat et origine
Originaire des régions du pourtour de la Méditerranée, la mélisse est une vivace aujourd’hui acclimatée ou cultivée dans toutes les parties tempérées, notamment en Amérique du Nord et en Europe. Les feuilles, de préférence jeunes, peuvent être récoltées à deux ou trois reprises durant la saison.

Indications
Soulager l’anxiété, l’agitation, les troubles du sommeil, les spasmes gastro-intestinaux mineurs.

Historique
La mélisse fait partie de la pharmacopée universelle depuis la Grèce antique. Il y a très longtemps déjà qu’on la cultive un peu partout pour ses usages médicinaux et culinaires, les Amérindiens ne faisant pas exception à la règle. Les usages traditionnels étaient sensiblement les mêmes d’une culture et d’un lieu à l’autre : pour le système nerveux, le système digestif, la circulation, l'immunité. Les herboristes ont souvent associé la mélisse à d’autres plantes, par exemple à la menthe poivrée pour combattre des troubles digestifs ou à la valériane pour soulager les troubles nerveux. Il existe des liqueurs comprenant de la mélisse, dont la bénédictine et la chartreuse (des préparations alcooliques créées vers la fin du Moyen Âge et à la Renaissance dans des monastères français; on les appelait alors élixirs, élixirs de longue vie ou liqueurs de santé), qui renferment également plusieurs autres plantes. On connaît également l’Eau de mélisse des Carmes, créée en 1611 par les religieuses du Carmel de la rue Vaugirard à Paris. Elle est fabriquée aujourd’hui par un laboratoire pharmaceutique français suivant la recette originale dont on a préservé le secret jusqu’à ce jour. Ce n’est qu’en 1978 que des chercheurs allemands identifiaient les propriétés antivirales de la plante, et il fallut attendre les années 1990 pour que les premières études cliniques soient menées, toujours en Allemagne, sur les effets de la mélisse contre le virus de l’herpès simplex.

Recherches - Anxiété, agitation et troubles du sommeil
Anxiété et agitation. Une étude menée en 2002 et portant sur 71 personnes atteintes de démence grave a permis de constater qu'une huile essentielle de mélisse appliquée deux fois par jour sur les bras et sur les tempes avait eu des effets calmants très marqués : 60 % des sujets du groupe traité avaient connu une diminution de 30 % de leurs symptômes contre seulement 14 % des sujets du groupe placebo. Des essais plus récents menés sur des petits groupes de sujets sains ont permis de confirmer les effets anxiolytiques d’un extrait normalisé de mélisse pris par voie orale, de même que ceux d’un mélange de mélisse et de valériane. Dans un autre essai préliminaire (42 sujets), on a observé les effets bénéfiques d’un extrait de mélisse sur l’agitation chez des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.
Troubles du sommeil. Au cours d'une étude clinique portant sur 20 sujets souffrant d’insomnie, des chercheurs allemands ont comparé l’efficacité d'un extrait contenant de la mélisse et de la valériane à celle du somnifère triazolam (Halcion®). Ils ont conclu que cette association était aussi efficace que le médicament de synthèse. Les résultats d’un essai clinique à double insu portant sur 98 sujets sans problème d'insomnie indiquent qu'un extrait composé de mélisse et de valériane était plus efficace qu'un placebo pour améliorer la qualité du sommeil. Les résultats d’un essai ouvert (sans placebo) mené auprès de 918 enfants de moins de 12 ans indiquent que l’extrait composé de ces deux plantes serait efficace pour contrer les troubles du sommeil d’origine nerveuse chez les enfants.
La Commission E et l'ESCOP reconnaissent l'usage de la mélisse pour soulager les troubles nerveux (l'insomnie, l'agitation).
Le médecin allemand Rudolf Fritz Weiss (1895-1992) rapportait dans un de ses ouvrages qu’une équipe de chercheurs de l’Université de Heidelberg a démontré, à l’aide de mesures électrophysiologiques sur le cerveau d’animaux de laboratoire, que les huiles volatiles de la mélisse agissaient sur une partie du cerveau responsable des fonctions autonomes, celles qui gèrent notamment les spasmes gastro-intestinaux, le rythme cardiaque et la contraction ou la dilatation des vaisseaux sanguins.
Selon Weiss, des travaux menés à l’Université de Munich ont également mis en lumière le fait que cette activité n’est pas attribuable à l’un ou l’autre des composants, mais bien à un ensemble synergique complexe naturellement présent dans la plante, comme c’est souvent le cas en phytothérapie. On a plus récemment découvert que des composants de la mélisse pouvaient également agir sur certains récepteurs du système nerveux central.