Description
De la famille des Composées (Astéracées), la bardane, autrement appelée "bouillon noir, glouteron,
grateron, herbe à la teigne, oreille de géant…", est une plante herbacée, bisannuelle, robuste, aux
feuilles abondantes, très larges, alternes et denticulées, aux extrémités.
Duveteuses, elles empruntent des teintes vertes sur le dessus et argentées sur le dessous. Quant aux
fleurs, elles sont violet pourpre, groupées en petites capitules, terminées par un petit crochet.
L’étymologie de la bardane demeure confuse et les interprétations ne manquent pas.
Elle viendrait du grec Arktos et signifierait "ours", ou du lyonnais bardane qui voudrait dire
"punaise", ou encore, du latin barrum, littéralement "boue"…
Par contre, la plante est connue de tous pour ses fruits, sortes de boules épineuses, qui s’accrochent
sur tous les vêtements, à l’origine même du velcro !
Culture
Originaire d’Europe et d’Asie, la bardane est une plante commune des chemins, des bordures de routes…
Elle pousse jusqu’à 1 800 m d’altitude. Elle s’accommode de tous les types de terrain et, semble-t-il,
de toutes les régions tempérées, avec une préférence pour les sols argileux, riches en azote et une
exposition ensoleillée ou miombragée. On récolte la bardane en mars-avril puis en septembre-octobre.
Historique
La bardane était déjà très prisée au Moyen-âge pour ses vertus contre les problèmes de la peau. Elle
fut également utilisée contre "l’asthme, les crachements de sang, la lèpre, la gale, les douleurs
rhumatismales… ou encore la teigne". Au 1er siècle, Columelle relate l’efficacité de la bardane contre
les morsures de serpents, Dioscoride contre les ulcères, puis plus tard comme diurétique, dépuratif dans
les problèmes cutanés, sudorifique et hémostatique. La légende veut que le Roi Henri III guérit de la
syphilis par des soins prodigués à base de bardane. Dans la médecine traditionnelle asiatique, la bardane
vient soigner les infections des voies respiratoires, les manifestations articulaires douloureuses et
les abcès.
Selon certaines coutumes populaires, il suffisait chaque soir d’orner son habitation d’une racine de bardane
pour obtenir un sommeil profond et réparateur. Quant aux amérindiennes, elles avaient pour habitude de
consommer de la bardane pour stimuler les contractions utérines au moment de l’accouchement.
Partie utilisée
En phytothérapie, feuilles et racines de bardane sont employées. Les feuilles sont également, dans
quelques régions, parfois servies en salades et la racine cuisinée comme un salsifi.
Propriétés
La bardane posséderait une action drainante, sudorifique et dépurative de la peau pour contribuer à lui
redonner éclat et luminosité. Elle contient des acides phénols, favorisant l’élimination des toxines. La
bardane serait également appréciée des personnes présentant des troubles du métabolisme du sucre, dont elle
en régulerait le taux. Pour accroître ses effets, la bardane peut être associée à d’autres plantes,
notamment la pensée sauvage. Les feuilles fraîches de la bardane peuvent être utilisées en cas de démangeaisons
liées à des piqûres d’insectes, une peau abîmée, ainsi que dans certaines manifestations inflammatoires.
Ces feuilles posséderaient une action tonique et adoucissante.
Principes actifs
La racine de bardane est riche en composés polyinsaturés. Elle contient du mucilage (des polysaccharides),
des polyphénols, des polyènes, contribuant à inhiber les germes et les champignons, ainsi que du nitrate de
potassium et de l’inuline pour son action dépurative, une gomme insoluble, une huile essentielle, des hormones
végétales, du tanin, des sels minéraux, de la résine et une phytohémagglutinine (lectine). La bardane est
enfin une source non négligeable de fer et de vitamine C.
Contre-indications
La bardane connaît peu de contre-indications, sauf chez la femme enceinte (pour son action ocytocique). Ne
pas administrer de bardane aux enfants de moins de 15 ans.